Un chantier responsable pour un air intérieur de qualité

Un chantier responsable pour un air intérieur de qualité

De nombreuses études scientifiques l’ont mis en évidence ces dernières années : la qualité de l’air présent à l’intérieur des habitations et des bâtiments en général est bien souvent plus mauvaise que l’air de la rue. La question de la qualité de l’air dans les établissements de santé est ainsi un problème de taille : comment assurer la guérison de patients en les plongeant dans une atmosphère polluée, porte d’entrée à toutes sortes de complications respiratoires et maladies diverses ? La piste de la pollution engendrée par les chantiers de construction est plus que jamais envisagée.

De mauvaises pratiques à l’origine d’une grave menace sanitaire…

Comme l’explique le Dr Suzanne Déoux, oto-rhino-laryngologiste, allergologue et intervenante à titre d’expert sur la question de la pollution de l’air via les chantiers de construction, l’air à l’intérieur d’un bâtiment est pollué dès la période de construction, en raison des mauvaises pratiques qui sont souvent appliquées sur les chantiers. La faute aux moisissures et autres champignons qui se développent sur les matériaux de construction humides, laissés à la merci de la pluie ou plus généralement mal ventilés, fruit de négligences plus fréquentes qu’on ne le croit dans le secteur du bâtiment. Si on ne le renouvelle pas, la qualité de l’air sur les chantiers va en décroissant et accumule de surcroît des particules fines, que les solvants contenus dans certains produits de nettoyage ou revêtements rejettent dans l’air. Comme conséquences directes ou indirectes de ces sources de fragilisation de la santé, se trouvent en première position les maladies des yeux et de l’appareil respiratoire, à l’instar de la conjonctivite ou de l’asthme. Les particules et moisissures présentes entre les murs et les revêtements restent de longues années dans les bâtiments, constat qui préoccupe particulièrement les hôpitaux et autres maisons de santé.

Des pistes technologiques et de bon sens pour remédier au problème

En premier lieu, il est primordial d’adopter des pratiques de bon sens : protéger les matériaux des intempéries, veiller à ne travailler qu’avec des matériaux secs et à aérer systématiquement les pièces de travail. La difficulté étant qu’il faut aussi faire usage de l’eau régulièrement, comme par exemple pour humidifier le sol afin d’éviter l’envol de poussières ou afin de travailler “à l’humide” pour les scies circulaires, ce qui limite la projection de microparticules dans l’air ambiant. L’effort à fournir se trouve évidemment aussi au niveau du choix des produits utilisés, qui sont depuis quelques années systématiquement estampillés avec leur indice de pollution volatile.
Dans cette logique de prévention, et avec l’idée de protéger également les travailleurs présents sur le chantier, il est indispensable d’effectuer régulièrement des mesures de la qualité de l’air, comme on peut le faire de manière automatisée et connectée via la pose de capteurs par des sociétés spécialisées aujourd’hui. En effectuant la mesure de la qualité de l’air intérieur comme extérieur, ces appareils 2.0 assurent un suivi fiable de l’évolution de la qualité de l’air au fil des travaux, et permet ainsi de prendre les mesures nécessaires pour ne pas dépasser les seuils sanitaires.

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