Quel est l’impact d’une limitation de vitesse sur la qualité de l’air ?

Quel est l’impact d’une limitation de vitesse sur la qualité de l’air ?

Les récentes mesures annoncées par le gouvernement d’Édouard Philippe en matière de sécurité routière visent à baisser la vitesse sur les routes dans l’objectif de diminuer entre autres la mortalité routière en hausse constante depuis 2013. Mais on peut aussi se demander si cette réduction de la vitesse moyenne sur les routes ne pourrait pas engendrer une réduction des émissions de produits polluants… Un rapport de février 2014 réalisé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a prouvé que l’impact d’une limitation de vitesse sur la qualité de l’air et les émissions de gaz à effet de serre dépend essentiellement du type de voie concernée.

Des émissions de gaz polluants nocifs pour la santé et l’environnement

D’après les estimations du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) actualisées au 1er janvier 2017, le parc total en France compte près de 40 millions de véhicules. Une très large majorité (95 % d’après le CCFA) de ces véhicules comporte un moteur fonctionnant avec du diesel ou de l’essence. Or, ces deux types de moteurs émettent de nombreux produits polluants dont certains sont issus de l’imperfection de la combustion. On recense principalement du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre (GES) mais ne présentant pas de danger important pour la santé ainsi que du monoxyde de carbone (CO) et de l’oxyde d’azote (NOx) qui présentent à l’inverse des risques avérés pour la santé humaine. Au rang des émissions de produits polluants, il faut encore compter les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Une diminution globale des émissions lorsque la vitesse moyenne est restreinte

Pour les voies dites rapides (entre 90 et 130km/h), l’ADEME avait réalisé une synthèse de plusieurs études scientifiques se basant sur des relevés de la qualité de l’air pour conclure que la réduction de la limite de vitesse entraîne une diminution probante des émissions de polluants ainsi qu’une diminution un peu moins nette des émissions de GES. Quant aux voies urbaines, l’ADEME dénonce le faible nombre d’études disponibles pour avancer seulement que la vitesse en milieu urbain dépend plus de l’activité et du trafic routier de la zone observée que d’une limitation. Il n’y a donc pas de lien évident entre une réduction de la vitesse en ville et une diminution des GES et des produits polluants. De plus, toute limitation de la vitesse en ville alors que de nombreuses zones sont passées à 30km/h conduirait à un risque d’embouteillages accru.
Pour revenir à la mesure de réduction de la vitesse de 90 à 80km/h qui entrera en vigueur au 1er juillet 2017, elle devrait donc entraîner une légère baisse de la pollution aux alentours des départementales et nationales dépourvues de séparateur central. Il faut toutefois relativiser la portée de cette mesure puisqu’une grande partie de ces routes ne permet pas de circuler à une telle vitesse, que la réduction de vitesse est très limitée et qu’il est possible que beaucoup de conducteurs décident de l’enfreindre au risque d’être verbalisés.

Articles qui pourraient vous intéresser dans cette même catégorie